Utiliser l’IA générative en création de contenu
Avantages, limites, éthique : ce qu’il faut savoir avant de lui confier notre plume
Je me souviens encore de la première fois que j’ai testé un générateur de texte (ChatGPT pour ne pas le citer). Le curseur qui clignote, et moi, là, bouche bée devant la rapidité avec laquelle les mots se succèdent. Comme par magie ! Un petit côté Expecto patronum. Absolument fascinant… et en même temps, il faut bien l’avouer, un peu terrifiant aussi.
Rapide et pratique, parfois étonnamment ingénieux… mais peut-on lui confier notre plume ou notre regard sans y laisser notre singularité ?
À travers cet article, j’aimerais évoquer certains points de vigilance, sans forcément diaboliser l’outil, mais sans l’encenser non plus. Car il a aussi ses zones d’ombre…
Les avantages de l’IA en création de contenu
Un gain de temps considérable
Elle peut générer un brouillon en quelques secondes, proposer cinq titres accrocheurs, ou structurer un article complet en moins de temps qu’il nous faut pour commander un cappuccino ! Pour ceux qui veulent encore accélérer, cela peut être un véritable atout.
Une alliée contre la page blanche
Elle peut nous aider à sortir de ce fameux syndrome que l’on connait tous à certains moments. Des titres, des angles différents ou encore des exemples… et parfois, ça suffit pour lancer notre créativité.
Une correction rapide et un outil d’inclusion
Orthographe, grammaire, syntaxe, vocabulaire… même sans être un(e) expert(e) en rédaction, vous obtenez un texte lisible et clair. Assurément, cela peut aider toutes les personnes qui n’ont jamais osé « prendre la parole », retranchées derrière une dyslexie, dysorthographie, autre difficulté de langage ou souci de traduction. C’est remarquable qu’elles puissent arriver à s’exprimer sans crainte du jugement.
Sur le papier, c’en est presque trop beau ! Mais alors où est le piège ? Attention, l’IA a des failles, elles sont parfois subtiles, mais il faut les connaître !
Quelques limites de l’IA générative
Un manque de profondeur et d’émotion
L’IA compile et reformule. L’IA prédit avant tout. Comprend-elle vraiment ? Au fond cela reste une machine, et une machine est incapable de ressentir des émotions comme les humains. Même si elle en donne l’impression.
Si vous l’utilisez, avez-vous remarqué comme elle vous flatte et évite soigneusement de vous contredire, quoi que vous disiez, histoire de ne pas vous froisser ? (et de vous garder en ligne encore plus longtemps…) Elle n’osera jamais dire : « Attention, sur ce point, vous faites fausse route. » Elle n’osera pas forcément adopter un autre point de vue, sauf si vous le lui demandez spécifiquement. Elle reste polie, trop polie parfois. Ce qui peut aussi la conduire à manquer d’audace. Et à vous enfermer gentiment dans vos propres certitudes.
Et l’authenticité dans tout ça ? Une image générée par IA ne raconte aucune véritable histoire. Un texte écrit entièrement par IA peut ressembler à un plat réchauffé et sans sel. Un plat qui se mange, mais qui ne laissera pas un souvenir impérissable, loin de là !
Un risque de contenu dupliqué
Puisque l’on parle de plat, tenez ! L’IA se nourrit de ce qui existe déjà sur le web. Elle brasse des millions de textes pour en créer un nouveau. Mais ce nouveau texte ressemblera forcément un peu à ses sources.
Si vous vous contentez de copier-coller ChatGPT pour rédiger les textes de votre propre site, vous risquez le fameux Duplicate Content, fortement pénalisé par Google au niveau référencement.
Et vous vous exposez également au non-respect des règles françaises en matière de droits d’auteurs… il faut en être conscient ! Car l’IA a été entraînée sur des quantités de textes et images sans que leurs auteurs aient donné leur accord.
Slop et uniformisation
Si tout le monde utilise l’IA sans personnalisation, elle finira par se nourrir d’elle-même. Les contenus se ressembleront de plus en plus et cela aura des conséquences sur la qualité. C’est déjà le cas à l’heure actuelle, d’ailleurs.
En ce moment, je travaille avec LinkedIn. Je suis tombée récemment sur 3 posts dans mon fil d’actualités : même structure, mêmes tournures, mêmes transitions, mêmes émojis à tous les paragraphes (vous voyez de quoi je parle, n’est-ce pas ?) 😉 Bref, j’ai eu l’impression de lire le même texte 3 fois de suite. Ça perd un peu de son charme, et ça peut finir par nous lasser, non ?! À moins qu’on ne finisse par s’y habituer…
Le slop (« soupe » en français, décidément on reste dans la thématique du repas !), ce contenu bon marché tout droit sorti de la bouche de ChatGPT et ses acolytes, est désormais omniprésent sur le web. Il est devenu si facile d’en générer que le monde numérique sature, et nos cerveaux aussi. On a l’impression de vivre dans une espèce de brouhaha ambiant. Notre attention s’étiole. La fatigue, elle, en devient réelle.
Des erreurs factuelles
Même si elle progresse à vitesse grand V, l’IA invente parfois. Elle peut mélanger des dates, citer des auteurs qui n’ont jamais écrit un livre, affirmer avec aplomb des choses fausses, ou bien générer des approximations. Elle ne le fait pas forcément exprès, mais elle ne vérifie pas ses sources comme devrait le faire un humain !
Les biais algorithmiques
L’IA reproduit ce qu’elle a appris. Et si elle a appris à partir de contenus biaisés, stéréotypés, ou discriminants… elle reproduira ces biais, sans même s’en rendre compte.
Par exemple, elle peut générer des descriptions qui renforcent des clichés de genre. Mais aussi proposer des tournures maladroites sur certains sujets sensibles, ou masquer certaines réalités. Et ça demande une vigilance constante de notre part.
L’empreinte énergétique
Il y a aussi cette fameuse question que l’on évite souvent. Ou pire, à laquelle on ne pense même plus… celle de l’impact environnemental.
Selon certaines études, générer une image via l’IA consommerait autant d’énergie que recharger un smartphone. Selon d’autres, on observerait de très fortes variations suivant les modèles utilisés. Pas simple de se faire une idée dans cette jungle ! Toujours est-il que, multiplié par des milliards de requêtes quotidiennes, l’impact est réel.
Chaque requête, texte ou image, consomme de l’électricité et de l’eau pour refroidir les serveurs. À l’échelle mondiale, c’est loin d’être négligeable et anodin. D’autant plus que le coût environnemental total de l’IA ne se limite pas à la génération : l’entraînement des modèles, pour les rendre toujours plus performants, ajoute un poids supplémentaire. Et des serveurs, on en construit de plus en plus.
Hélas, nos pauvres glaciers déjà mal en point n’ont pas fini de pleurer…
Les petites mains invisibles
Puisque l’on parle d’entraînement des modèles… Derrière ces machines « intelligentes », il y a… des humains, et oui ! Des milliers de personnes, souvent au Kenya, aux Philippines, en Inde, payées quelques dollars par jour pour annoter des images, modérer des contenus, corriger les erreurs ou encore « nettoyer » les données.
Ce sont eux qui apprennent à l’IA à reconnaître un chat, ou à comprendre le contexte d’une phrase. Un travail largement invisible. L’IA n’est peut-être pas aussi magique qu’on veut bien le croire…
Un problème de confidentialité
Quand vous tapez une question à ChatGPT, que deviennent vos brouillons et vos textes ? Où s’envolent vos idées ? On nous dit que tout est anonymisé, que les données servent à améliorer le modèle… Mais concrètement, ça veut dire quoi ? Que mes réflexions personnelles et mes projets en cours alimentent une base de données quelque part dans le cloud ?
Peut-on nourrir une machine avec nos données personnelles ou nos pensées intimes quand on ne sait pas vraiment ce qui en est fait ? Qui d’autre pourrait y avoir accès ? Aujourd’hui ? Demain ?
Une perte de sens pour les créatifs
Ce point là me hante en permanence. Surtout les jours où je suis fatiguée, et où l’IA pourrait faire le boulot à ma place en deux secondes. Alors à quoi je sers, moi ? Si une machine peut tout faire à ma place, qu’est-ce qui reste ? Qu’est-ce qui fait que mon métier a encore du sens ? L’IA n’a pas cette boule au ventre. Elle ne se demande pas, à 3h du matin, si son texte va toucher quelqu’un.
Mon métier se fragilise : des messages de graphistes ou rédacteurs désabusés, j’en lis à la pelle. Tous les jours. Nombreux sont ceux qui, comme moi, se retrouvent confrontés à l’inexorable question : « Pourquoi payer quelqu’un alors que ChatGPT peut le faire gratuitement ? »
Peut-être parce qu’on ne paie pas quelqu’un pour aligner des phrases ou des images, mais pour son regard… Mais ça, ce n’est pas toujours simple à faire comprendre.
Ce qu’en pensent les moteurs de recherche
Google pénalise-t-il le contenu IA sur votre site web ? Non. Pas directement. Sa position officielle est claire : ce qui compte, c’est la qualité. Et la pertinence pour les lecteurs.
Un contenu généré par l’IA mais creux, robotisé, bourré de mots-clés, sans prise de position ni valeur ajoutée (du slop, quoi !) sera sans doute pénalisé. Comme n’importe quel mauvais contenu, d’ailleurs.
Mais un contenu écrit avec l’IA, enrichi par votre expertise, vérifié, personnalisé, ancré dans votre expérience réelle ? Google ne devrait pas vous embêter. Je mets ce « devrait » au conditionnel, parce que les algorithmes évoluent vite, et que personne ne sait vraiment ce que demain nous réserve !
Ce que Google cherche, au fond, c’est de l’expertise et de l’expérience vécue. Pas juste un texte bien construit.
Et l’éthique, dans tout ça ?
Cette question non plus n’a pas fini de me poursuivre… Parce que oui, l’IA peut nous faire gagner du temps. Mais à quel prix ? (Lisez aussi mon article L’IA est devenue notre solution miracle !)
La main d’œuvre du tiers-monde sous-payée pour entraîner les machines. La consommation d’énergie. Les droits d’auteur bafoués. L’uniformisation des contenus. La perte de sens des métiers créatifs. Et puis ce faux sentiment d’expertise que créent les outils comme ChatGPT du côté des clients… et donc, par ricochet, la dévalorisation de l’expertise des professionnels. Les conséquences sociales à venir. Stop, n’en jetez plus !
Oui, l’IA a mis un sacré bazar dans ma vie ! (Vous les connaissez probablement, ce petit ange et ce diablotin qui se chamaillent dans votre tête, non ?!) On dit que le bazar nous aide parfois à retrouver une voie plus alignée… Bon, à un moment donné, s’il pouvait me laisser un peu tranquille, ce serait sympa !
Oui, je l’utilise malgré tout. Pour une relecture ou une reformulation. Pour trouver un nouvel angle quand je tourne en rond. Pour tester des points de vue différents et lui demander de me « challenger ». Pour veiller à la façon dont elle évolue, aussi.
Mais jamais pour copier-coller un texte entier. Pas non plus pour générer des images ou des vidéos, ni pour remplacer mon propre regard. Et jamais pour envoyer un message à une amie. Certaines conversations, je préfère les avoir avec des vrais humains. Et certains textes, je les écris à la main, dans un cahier, loin de l’écran.
Alors, pour ou contre ?
Ni l’un, ni l’autre. Ou peut-être : avec, mais en conscience. Pas systématiquement. Et avec une bonne dose de recul.
L’IA est un outil. Puissant, certes, mais un outil quand même. Comme un robot de cuisine : il peut nous faciliter la vie, mais il y a peu de chances qu’il nous transforme en chef cuisinier. (Enfin, moi, personnellement, aucun risque !) 😉
Ce qui fait la qualité d’un texte, c’est ce qu’il porte. Cette petite étincelle qui fait qu’on s’arrête et qu’on réfléchit, ou qu’on se reconnaît à travers. Ce moment où on a l’impression que quelqu’un nous parle vraiment, à nous. Que l’on sente une vraie personne derrière l’écran, pas une machine qui produit à la chaine des structures quasi-parfaites mais toutes identiques.
Quant aux images, ce qui fait tout leur charme, ce sont les histoires qu’elles racontent. Ces instants qu’elles ont saisi, les émotions qu’elles ont fait naître. C’est le vécu derrière ces images, le regard de celui qui les a créées, les rencontres en cours de route… et pas juste un assemblage de pixels.
Alors OK, utilisez l’IA si elle vous aide. Mais n’oubliez jamais : ce qui rendra votre contenu unique, c’est vous !
Mais comment écrire avec l’IA sans perdre son âme ? C’est exactement la question que j’explorerai dans mon prochain article (encore un peu de patience…). Parce qu’entre savoir qu’il faut personnaliser… et savoir comment le faire concrètement, il y a un monde.
Et vous, comment naviguez-vous avec l’IA ? Est-ce qu’elle vous aide, ou est-ce qu’elle vous encombre ? Curieuse de connaître votre expérience !
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